Il y a une partie de l'oeuvre de Souanin dont je peux soutenir
sans cultiver le paradoxe qu'elle est classique.
Classique, c'est-à-dire conforme à un idéal élaboré dans
l'antiquité grecque mais vivant dans ce qui nous est encore
accessible : elle élève l'individu au niveau de l'entité,
pas des personnages ,mais des pensées et des sentiments
incarnés.
Simplement, sa mythologie n'est ni païenne, ni chrétienne,
ni occidentale, ni orientale, et l'arsenal des attributs
conventionnels n'ayant plus sa raison d'être
didactique a été rejeté, au bénéfice d'un ambigu plus fertile.
Elle recherche le commun dénominateur plus que la
synthèse ou l'amalgame, pour viser à l'universel pour
rester fidèle de sa propre vérité à soi.
Ce qui reste, c'est cette possibilité de tout exprimer en
montrant des hommes et des femmes, pas des visages
mais des masques, sans les originaux du vêtement, saisis
dans leurs attitudes, leurs gestes, leurs relations, des
êtres essentiels dont la tension psychologique n'est pas
une reconstitution naturaliste additionnant des indices
convergents, mais dont la réalité est promue par une
structure simple débarrassée de tout superflu, saisie sur
le vif, crûment avouée.
Ce ne sont plus des dieux ou des héros auxquels on
prête des avatars, mais les destinées de l'homme. Je
trouve tout simplement qu'elle s'est exprimée comme le
sculpteur Rodin, ce qui de nos jours est quand même
aussi classique que faire se peut.
Si j'essaye de formuler cela c'est que cette période de
son oeuvre semble révolue. Lêtre en proie à son problème,
isolé dans son tableau nous accrochait, nous
spectateur, et son aventure devenait la nôtre, son but
était visiblement d'exister pour nous, il devenait comédien
sous notre regard de spectateur, son isolement ne
faisait qu'affirmer un lien possible, inévitable, avec nous
-même (St Paul " Aujourd'hui nous voyons dans un miroir
une énigme, mais alors nous verrons face-à-face... je
connaîtrai comme j'ai été connu ").
Olivier Georges Pagès
La gardienne, 1992. Plâtre, 207 x 120 cm. Collection Ville d’Istres. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
La Fibre, 2000. Plâtre patiné brun, 180 x 90 cm ( Photo d'atelier)
La graine, 1992. Plâtre, 273 x 127 cm. Collection Ville d’Istres, France. (Photo d'atelier)
Sable chaud, 1999. Bronze, 10 x 20 cm. Les Sables Noirs, Chandon. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
Elle ne vise pas un objectif, elle ne prend pas d'élan, mais il
ne faudrait pas que les doutes qui surgiraient en elle la fassent
revenir à des calculs de risque.
Qu'importe l'outrance ou l'attendrissement, s’ils sont sincères :
seules les oeuvres où l'on reconnaît un moment vécu par
l'auteur dureront.
Olivier Georges Pagès
Premières coulées de bronze à la Fonderie Les Sables Noirs, Danielle Souanin, avec Marc Averseng et Jean Hartmann.
Trophée du Rallye Dakar, depuis 1994. Bronze, circa 40 x 28,5 cm. Fonderie Les Sables Noirs.
Terres mères (je suis la femme qui est, la mère qui a été et la fille que tu seras), 1983 - 1984. Bronze, circa 115 x 47 cm, pièce unique. Sculpture Danielle Souanin, Fonderie Les Sables Noirs. Collection privée, France.
Trophée Télécom, 1990
Tête antique, 2002. Plâtre patiné, 36 x 22 cm.
Trophée du 2ème Festival International
mécénat d'entreprise Admical, 1985.
La bouche d’égout, l’enfant abandonné, 1993. Bronze et verre, base environ 50 cm. Sculpture Danielle Souanin, Fonderie Les Sables Noirs.
Trophée pour Apple Computer France, 1993.
Sculpture « Terre Mère » pour les laboratoires Doms, 1993.
Trophée Phillipe Bouvard
SCULPTURES.
Voila une tragédie antique en somptueux oripeaux barbares. Leçon de sculpture dans un parc nocturne. Le baptême.
Les robes tombent, la lumière ruissèle, les anges attendent les mains couvertes du linge consacré, la foule noire se fige, se tait.
" CHUS D'UN DESASTRE OBSCUR "
Pélerins de sanctuaires inconnus, survivants d'un exode en tête une silhouette altière de reine de Saba, portant sur son giron le fruit de la promesse, comme un athlète chargé de l'outre précieuse qui transfuse l'eau vitale. Tout a la couleur de l'ocre doré qui
imprègne les peaux de chèvre des tentes nomades.
Le vent de sable recouvre les voyageurs, et la dune ondule en bosses de chanfau, pyramides de tentes, dos d'ânes, puis s'écoule au loin restituant son trésor, un berger à genoux, arcbouté sur sa crosse comme Moïse tenant la verge de fer.
Le patriarche des Hommes Bleus. Invisible dans son tipi dépe-naillé, le cacique est écartelé entre les montants de la tente du Rendez-vous. Ecoutez sonner l'oeuvre d'un fils de Caïn, Tubal père de tous les forgerons en cuivre et en fer.
Un vent torride ou glaçé a plaqué sur ces squelettes le parchemin des peaux, tout comme dans les grottes andines ou pelage et plumage subissent la grande chiquetade de nos humains téguments. Aux pôles ou sur la lune, un fanion fiché jalonne la conquête.
La Bretagne et l'Espagne ont leurs Finis-Terrae: Tanguy et nous ont mené aux rives incertaines ou se perdent des formes tourmentées. Souanin, elle, est aux Colonnes d'Hercule, en quète de l'Atlantide. Elle a planté devant l'horizon le mat-semaphore du défi de l'artiste à son propre univers.
Derrière elle la cape qui pend de son épaule efface ses traces.
9 décembre 1996, Olivier Georges Pagès.
Trophée course de la vanille, 1988.
Trophée Mouton Cadée 1997.
Prix Kodak européen de la
photographie, 1988.