Une création protéiforme
Le travail de Danielle Souanin est un approfondissement chtonien.
C’est la durée à la fois matérielle et immatérielle de ce qui dure, mieux : perdure.
L’artiste, aujourd’hui, a plus de soixante ans (près de 70 ans (72 ans)) de création derrière elle si l’on ose dire, et elle continue de peindre, sculpter, dessiner. Et en authentique artiste, que pourrait-elle bien faire d’autre, tant sa personnalité s’est immergée depuis bien longtemps dans son oeuvre.
Tout chez elle surgit en souffrance assumée du plus profond de l’être. A la fois souffrance existentielle assumée, libérée, réassumée. Ici, la vision artistique se nourrit de vies vécues, rêvées, l’onirisme s’entrelace étroitement avec un réalisme dru, souvent tragique, parcouru de joies souterraines : l’Algérie de son enfance, la France. Son travail touche à tous les territoires de l’esprit, l’art bien sûr – peinture, sculpture, dessin – qui couronne les espaces de la psychologie, de la psychanalyse ( ses innombrables séries de dessins à la fois réalistes, oniriques et fouailleurs), de la littérature (Dante par exemple), à la cabale et à la franc-maçonnerie, des courses Paris-Dakar par la création de trophées, etc...
C’est la tentative de saisir par la peinture et la sculpture , par l’écriture, l’universel : c’est la marque des grands, de Cimabue à Picasso en passant par Delacroix, Giotto, Rembrandt... Nous n’avons pas peur de citer ici, en comparaison de l’oeuvre immense et puissante de l’artiste, ces grands noms.
L’universel : ce qui serait commun à chacun d’entre nous au tréfonds de nos viscères.
Voici ces femmes sensuelles, charnues, géométriques, aux corps et cuisses de temple grec, ces visages aux grands yeux où l’effroi taquine la malice, ces compositions en noir-blanc ou de couleurs jamais trop vives mais toujours en sourdine solaire, compositions abstraites, figuratives, tachistes, souvent déclinées en diptyque.
Le travail de Danielle Souanin vient du profond de la terre maternelle pour aller à la vie, la vie pleine de sève remâchée, digérée, jamais digérée, à l’égal du chameau qui dégorge la nourriture pour la repétrir, afin que le magma à la fois informe et terriblement structuré parvienne cahin-caha à la vie sulfureusement nourricière de l’oeuvre d’art.
À considérer l’ensemble impressionnant du travail, on ne peut qu’être frappé par la résonance totalement moderne, contemporaine de cette prise en charge du réel. Chaque oeuvre adhère à notre quotidien tragique, aussi bien sur le plan intime qu’au niveau international. Il ne s’agit pas, bien sûr, de politiser ici l’acte créateur, mais de mettre en évidence la totale humanité de tous ces travaux.
Le philosophe des sciences Etienne Klein cite cette phrase du philosophe Henri Maldiney : « l’existence est une exclamation dans le vide ». Quelle juste et merveilleuse et féconde définition de la poursuite créatrice, de l’élan fondamental de Danielle Souanin. L’artiste comble ce vide par ses corps, ses visages, ses personnages, ses réseaux hertziens de ses dessins. Aiguilles qui tracent le graphique de sa longue vie métamorphosée en lignes nerveuses et souples.
Danielle Souanin, solitaire, au caractère bien trempé dans le fiel de ses certitudes, est en empathie avec le monde, le monde des humains, le monde des plantes, le monde des solides et des fluides, est en empathie avec le Tout.
Bref, un seul mot d’ordre, une seule exigence : parvenir à travers une suite ininterrompue de tâtonnements à un degré d’élévation à la fois plastique et morale des formes constitutives de la vision propre à Danielle Souanin.
Sylvio Acatos
La mangrove, 2013. Acrylique sur toile, 200 X 200 cm. Collection Ville d’Istres, France.
Patrice Le Houelleur
(Avocat)
Peak Partners SA
4 Place des Alpes
1201 Genève, Suisse
A l’Artiste Danielle Souanin
1016 Route de Saint Denis de Cabanne
42190 Chandon, France
A QUI DE DROIT
Par la présente, le soussigné confirme que, connaissant depuis de nombreuses années Sylvio Acatos en tant qu’éditeur de livres d’art, monographies et surtout de catalogues raisonnés de grands artistes du XX ème siècle, que la monographie Danielle Souanin, dont j’ai pu examiner la maquette de quelque 500 pages, est bien menée à terme graphiquement et sera publiée entre fin 2025 et début 2026 sous deux formes:
Exemplaires sur papier et reliés, et en version numérique, consultable sur Internet. Que cette parution ait pris du retard, cela est explicable par deux raisons indépendantes de la volonté des deux parties: l’artiste et l’éditeur, plus très jeunes du tout, ont eu d’importants problèmes de santé; la période du Covid n’a pas non plus arrangé les choses.
La monographie Danielle Souanin prendra place dans la collection internationalement connue des Catalogues raisonnés Acatos (format 28 x 31 cm), comprenant notamment ceux de Serge Poliakoff, Fernando Botero, Niki de Saint Phalle, Wifredo Lam, Tamara de Lempicka, Jean Paul Riopelle. André Masson, André Brasilier, Françoise Gilot, Les dossiers spéciaux de Picasso, etc.
La qualité du contenant et du contenu caractérisent la collection mentionnée. Ces mêmes critères s’appliqueront évidemment à la monographie référentielle Danielle Souanin.
Ainsi fait, en toute bonne foi, le 10 juillet 2025.