Mise en page du site avec la participation de Danielle Souanin : Justy-Norbert.
Secrétaire de l'association.
Diplômée d’un Diplôme national d'expression plastique (DNSEP) option art à l'école national supérieur d'art de Dijon (ENSAD) en 2024. Aujourd'hui préparation à l'agrégation d'art plastique.
contact : justinerauber01@gmail.com
(Justy-Norbert) La forêt, 2024. Encre de Chine et pastel sec, 150 x 150 cm.
(Justy-Norbert) Gravé - La gravure : une aventure de l’esprit et de la matière, entre mémoire, construction et transmission. 22,5 x 30, 2023.
Mémoire de DNSEP
Pulcherie Gavazzi, Trésorière de l'association :
C’est au lieu dit Pailleron, près de Roanne, que j’arrive très vite, 3 mois après mon arrivée en France. Un lieu étrange et habité de personnalités dans la tolérance. Je suis acceptée sans difficultés, surprise par leurs activités artistiques, des gestes authentiques et des résultats esthétiques évidents qui peuvent être reconnus et accomplis dans différents lieux du monde entier. De vrais créateurs qui acceptent les différences comme une logique.
Danielle travaille beaucoup dehors, il était facile pour moi de l’observer, ce qui ne la gênait pas. Elle m’a simplement dit : « Vous regardez mais vous n’avez aucun droit de répéter ma technique ».
Et voilà 18 ans que je n’ai jamais transmis à personne sa technique et je ne la transmettrai à personne. Il m’est arrivé de l’aider sur ses grandes toiles ou de faire ses fonds très travaillés pour éviter les dégâts du temps. Ce qui vient de sauver ces grandes toiles d’un sinistre total. Je sais aujourd’hui pourquoi elles n’ont pas été plus détruites, et qu’elles peuvent être réparées.
Danielle vient de mentionner son début en 1974 où elle a commencé à travailler avec l’acrylique et où les plus grands peintres de l’époque avaient des dégâts énormes sur leurs œuvres. On le retrouve dans certains articles (mettre certains articles ?).
Elle a alors à cette époque étudié une technique pour pouvoir utiliser l’acrylique, technique qu’elle utilise encore aujourd’hui et qui a sauvé une partie de son œuvre.
Depuis tout ce temps, je suis devenue aide-soignante mais je l’ai toujours accompagnée, 3-4 h par semaine et officiellement. Nous sommes dans une confiance qui est surtout une grande complicité et un partage.
Qu’elle m’ait demandé si je voulais participer à cette association me touche bien sûr mais je reconnais que dans notre échange, venant d’elle, ça paraît naturel.
Le baiser, 1979. Huile sur toile, collection privée.
Adrien Gourdon. Trésorier-adjoint de l'association :
Sortie du lycée agricole Roanne-Chervé, le 18 juillet 2021.
Le 19 juillet, j’étais dans le jardin de Danielle Souanin. Jardin déjà adulte, déjà construit, déjà en place mais à tailler. Des espaces pelouse déjà créés mais à tondre. Un jardin existant oui mais pas géré, pas soigné. Mon maître d’œuvre, une femme déjà âgée, décisionnaire et exigeante. Observant tous mes gestes, et me demandant en finale de faire des finitions ce qui m’échappe un peu. Elle exige et j’applique ses besoins, ses envies, sa demande. Quelques jours plus tard, elle me demande de faire des photos de ce que j’ai fait pour en garder la mémoire. « Un jardin c’est exigeant » dit-elle.
Ces photos je vous en montre quelques-unes. Elle me dit le jardinage c’est de la sculpture. Et je me surprends de lui répondre que pour moi la sculpture c’est pouvoir faire des fontaines.
Elle me dit qu’elle n’est pas spécialiste pour les arrivées et les évacuations de l’eau de ces fontaines. Elle me montre un ido dans le jardin et me dit « Là, si tu veux, tu peux faire une fontaine ».
Du jardinage je suis passé à quelques heures dans son atelier extérieur, où je vois des moules en plâtre, des outils, des moules en élastomères, des boîtes entières de fer forgé, de rampes etc… Qu’elle ramasse, qu’elle charge. Je me trouve dans un lieu surchargé de projets. Le projet peut se définir dans tout l’espace, tout est fait pour lui.
Un grand plan de travail en plein milieu pour accueillir le montage.
À partir de là j’ai mélangé jardinage et l’aide à l’artiste sans que vraiment une sculpture de jardin ne se décide.
Mais je garde cette envie et reste proche de l’artiste. Mon rêve est aussi le transport depuis ma petite enfance, j’arrive à acquérir un camion. Mes besoins devenant de plus en plus précis, il y a deux ans ou trois ans, je rentre dans une entreprise et deviens serrurier-poseur et continue à l’aider quelques heures par mois.
Après 4 ans à l’aider quelques heures en fin de semaine, ranger, stocker, elle me dit :
« Choisis un tableau ». Je suis surpris mais elle l’est davantage voyant mon choix.
Ma réponse la surprend aussi : « Il paraît simple mais il est très compliqué ».
Décidément je l’intéresse, je ne comprends pas très bien pourquoi. Mais encore plus aujourd’hui où elle me demande de participer à cette association. Que je m’engage à respecter voire comprendre.