Souanin face au monde
Le présent ouvrage est un jalon essentiel, non pas seulement pour documenter une oeuvre, mais pour nous questionner nous-mêmes, acteurs institutionnels et culturels, sur notre capacité à être au rendez-vous de l’histoire, à jouer notre rôle de sentinelles et de passeurs du sens de notre époque.
Souanin est unique. L’oeuvre de Souanin. Le cas Souanin. En effet, nous avons entre les mains l’indice solide de plusieurs décennies d’une production qui aurait pu, à très peu de chose près, rejoindre la cohorte des chefs-d’oeuvre inconnus. Lorsque ceux-ci se trouvent au bout du monde, inextricables comme autant de Machu Pichu ou de belles endormies, cela peut se comprendre, s’excuser. Mais Souanin est bien là, vivante, productrice, éternellement féconde comme une Artémis, ou mieux, une Gaïa, dont nous n’aurions très bien pu ne pas connaître la foisonnante descendance, celle de son oeuvre. Et j’en reviens forcément à ma question initiale au regard du monde institutionnel : peu sont ceux qui ont écrit sur Souanin, trop peu sont ceux qui ont montré Souanin. Si la rencontre, totalement hasardeuse et romanesque, avec la Ville d’Istres n’avait jamais eu lieu, ce coin essentiel de voile n’aurait peut-être jamais été levé et un pan entier d’art, de culture aurait été ignoré.
Souanin n’est pas l’enfant du pays qu’Istres célèbre comme le font tant d’autres territoires. Il en a été tout autrement. Souanin a rencontré Istres comme deux âmes peuvent se rencontrer sans signes avant-coureurs, sans raisons, sans pourquoi. Pour autant, cette rencontre a ouvert d’immenses possibles. Parce que c’était Istres. Parce que c’était Souanin.
Souanin a fait donation d’une partie de son oeuvre à la Ville d’Istres et la Ville a commencé à montrer son travail à partir de 2013, année charnière de la Capitale Européenne de la Culture. Depuis lors, la boîte est ouverte, non pas comme celle de Pandore répandant ses maux, mais au contraire comme le terrier du lapin d’Alice au Pays des Merveilles. Depuis lors, les pièces s’assemblent comme un puzzle immense sans bords, chaque peinture, chaque sculpture, chaque dessin déterminant un nouveau motif, comme un mandala en expansion permanente. Tout y est cohérent. Souanin n’a pas expérimenté au sens contemporain, elle n’a pas joué de manière vaine ou formelle avec les matériaux et les supports, elle n’a recherché ni la mode, ni la validation de la tendance. Elle n’a pas non plus enfermé son oeuvre dans la recette ou la redondance, elle n’a jamais cherché à faire Souanin.
Voilà donc où nous en sommes : nous découvrons une oeuvre immense qui n’a jamais cherché les deux facilités qui font le succès : la mode et la recette.
Mais dès lors : où étions-nous ? Chercheurs, intellectuels, historiens, institutions. Sans cette rencontre avec Istres, sans cet acte de Souanin autorisant le monde à disposer de son oeuvre, elle nous aurait peut-être échappé.
Souanin est en vie : non seulement elle nous ouvre accès à une production plastique, majeure, mais elle peut également répondre aux questions qui nous assaillent pour tenter d’aborder une oeuvre dont la force n’a que peu d’égales.
Souanin n’est pas un Frenhofer tournant autour d’une beauté dont il ne parvient à rendre qu’un maelström de sensations et de couleurs. Le personnage de Balzac finit par détruire son oeuvre et à se détruire lui-même là où Souanin a toujours construit, s’est toujours construite.
Il convient de remercier ceux qui ont accompagné Souanin de leurs textes depuis le début et qui ont compris, avant les autres, bien avant que l’évidence de son oeuvre s’impose à l’histoire, que nous avions des ressources esthétiques immenses à y puiser
Pour l’heure, nous sommes en 1911 et le Machu Pichu vient d’être découvert. Il a surgi aux yeux de Bingham comme Souanin surgit aux nôtres aujourd’hui. Soyons-en les contemplateurs émerveillés. Mais soyons-en également les passeurs, les commentateurs, les témoins. L’avènement de Souanin dans ce que nous dirons de l’art français de la fin du XXème siècle et de sa charnière avec le XXIème est une nécessité.
Remercions Souanin pour avoir si puissamment posé son oeuvre et remercions toutes celles et ceux qui ont contribué à lui rendre son destin.
Rémi Esnault,
Directeur de Cabinet du Maire de Fos-sur-Mer après 10 années consacrées à la culture à Istres, 9 mai 2021.
Danielle Souanin : Au plus près de son œuvre
Conférence de Danielle Souanin au sujet de son travail à l’occasion de l’exposition de ses œuvres à Saint-Sulpice d’Istres.
" Monsieur le Maire,
Madame la première adjointe,
Mesdames, messieurs,
La sortie de ce catalogue portant sur la donation d’une partie de mes œuvres à la ville d’Istres, me permet ce soir, de vous brosser rapidement mon cheminement artistique, ma vision de l’art et de vous détailler le fondement de certaines des œuvres exposées à la Chapelle Saint Sulpice.
Je vais ainsi, ouvrir l’accès à certaines clefs de ma conception de l’art, afin qu’au-delà de l’esthétique vous transmettre le sens profond que véhicule ces œuvres et le chemin que j’ai choisi de suivre.
Danielle Souanin, Marseille-Provence 2013. Photographie Docteur Sylvie Brice.
Regard sur son enfance et son adolescence :
Tempête en mère, 1987 - 1988. Huile sur toile, 65 x 80 cm. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
L’art c’est faire un grand saut dans le vide ! Pour moi ce saut est la continuité d’un cri primordial qui m’a laissé orpheline dès l’âge de 5 mois. Saut douloureux et incompréhensible. Ce vide et cette fatale injustice je l’ai comblé en permanence, par l’art. Où enfant suspendue dans le temps, je n'ai jamais senti d'ancrage.
L’inattendu qui surgit soudain et modifie tout. D’abord perplexe, médusée, perdue aussi. Qui suis-je ? D’où cela sort il ?
Le mystère reste entier !
A travers l’art mon geste s’organise. Ma vie se stabilise, bien que mon raisonnement ne cesse de basculer.
Ma première compréhension importante est qu’il faille rectifier sans cesse. C’est l’erreur comprise, corrigée, qui fait l’homme, qui fait l’art.
L’erreur est formatrice elle est révélatrice, elle est le principe dynamique qui transforme l’individu.
Cette réflexion est inverse du comportement habituel qui ne se base que sur les réussites.
J’acceptais que l’erreur soit ce principe dynamique. Ce passage obligé qui me conduit à un renouvellement, et génère une énergie.
Ce travail me familiarise avec les différences et me fait aussi prendre conscience des différences qui coexistent en moi-même.
Ma nature se révèle. L’action peut naître. Séparée de moi, étrangère, inattendue.
Lorsque je peints, ma vie ne se conçoit plus en termes d’organisation de la pensée mais en termes de perceptions simultanées.
En osmose avec les éléments et l’environnement !
Je perçois une capacité de comprendre avec mon corps ce que le monde veut habituellement comprendre avec sa tête.
J’ai l’impression d’absorber le monde, je deviens pole d’énergie, ou, entre le ciel et la terre, les choses se transforment.
Pouvoir n’être qu’un court instant une perception et la traduire, retrouver peut-être la simplicité d’un enfant, la reconnaissance d’une origine.
La peinture deviendra pour moi le moyen de me sauvegarder.
LA GRAINE
La graine, 1992. Plâtre, 273 x 127 cm. Collection Ville d’Istres, France. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
C’est une sculpture en plâtre de 2,73 sur 1,27m.
Inspiré par l’écologie dans la religion, j’ai créé un Saint Joseph.
La toge, Marie,
La graine : l’enfant Jésus
Le bâton : relation ciel et terre.
Sur le socle, un monticule de terre pour symboliser le cycle des saisons. ( relation ciel et terre = passage des énergies).
Par la graine, je comprends le Christ en soi, la résurrection, la multiplication des pains. Enfin je comprends mieux avec le cycle annuel végétal ….
LA MOISSON
Dans la prolongation de ce sujet, j’ai travaillé sur le thème de la moisson.
La permanence de la question est : l’Art c’est quoi ? Et Braque de répondre : l’Art c’est la vie !
Je crois qu’aucun système dogmatique ne peut totalement la contenir, et pourtant, toutes les civilisations et toutes les cultures, malgré leurs tabous peuvent nous enrichir et nous faire comprendre ce qui leur est contradictoire.
La moisson, la graine, la fibre, le tissu et la trame, Le cordage, la tresse, la ceinture. Ces éléments universels m’ont servi de réflexion, de base, ma boite à outil !!
L’utilisation première à notre survie, notre vie !! Ce qui a fait que ce monde est le nôtre, que nous l’utilisons toujours. Une façon de rendre hommage, de rendre la mémoire de ce qui est essentiel. Un moyen de m’éloigner de mon ego.
C’est en 1973 que mon geste s’est complètement libéré de moi, de mon ego. Toujours est-il que mon travail n’est pas ce que je suis ! Je deviens du même coup la gardienne d’un créateur inconnu !
La peinture et la sculpture sont un travail qui, pratiquées dans le respect m’ont permis de me débarrasser de mes habitudes et par mes émotions révélées de passer au Symbolisme.
Mon travail ne se situe pas dans un concept, mais plutôt dans une conscience, dans une morale et je me reconnais en cela.
La moisson, 1996. Technique mixte sur toile, 180 x 90 cm. Collection Ville d’Istres, France. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
COUPLE A LA CAPE.
FACE ET DOS TETRACTIIS
Le couple à la cape, 1995, Plâtre patiné, 88 x 70 cm. Collection Ville d’Istres, France. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
Un couple sous une même cape.
Reliance à Tetractis ou vertus cardinales, loi des nombres ….
1, 2, 3, 4 ……
Une adolescence marocaine à laquelle, je dois l’harmonie des couleurs, le silence et la douceur des courbes. Dans les hauts plateaux du Rif, l’univers me pénétrait. J’associais ma vie à celle du plus petit insecte, soumise comme lui à la beauté du monde, obéissant à sa loi
LA FEMME SANS TÊTE
Compliquons le sujet et passons à l’Alchimie.
La Femme sans tête s’inscrit dans l’esprit des ouvrages : le Mystère des cathédrales ou les demeures philosophales de Fulcanelli.
L’équivalent de L’œuvre au noir, en arabe : El Kemia. C’est toute la transformation de nous-mêmes, cette aventure esprit/matière. J’interroge la matière et j’essaye d’oublier, de lire, d’avoir le retour.
Tu appartiens à l’humanité et plus à toi-même
C’est en parcourant ce livre, que j’ai su quelle existait ! Une rue de Paris et une Auberge. Dans le 4eme arrondissement : La rue de la femme sans tête.
Cette femme de petite vertu, était porteuse de négatif dans le regard des autres.
Alors j’ai rendu à cette femme ses lettres de noblesse ! Les fibres de son vêtement viennent du ciel ! Son bras et sa main est poisson en mémoire de l’eau d’où elle est issue, ses pieds en pattes d éléphant lui rendront la puissance dont elle aura besoin pour se redresser !
La femme sans tête, 1996. Technique mixte sur toile, 180 x 90 cm. Collection Ville d’Istres, France.
PEPLUM
Peplum, 1996. Technique mixte sur toile, 180 x 90 cm. Collection Ville d’Istres, France.
C’est un tableau de 80 cm par 1,60m.
Ce tableau représente deux personnages, un couple. Chacun représenté par un drapé.
J’ai un intérêt prononcé pour les tissus et les fibres. Ma maison est d’ailleurs envahit par les tapis et les rideaux, signes probable de ma grand-mère et d’une Algérie lointaine et nomade.
Sur ce thème du vêtement, de la fibre, péplum est le costume le plus représentatif d’une époque.
Il a servi le cinéma muet, et il habit aujourd’hui les soirées d’été. Pour homme ou pour femme ils couvrent des corps, tout en les laissant supposer nus
VIGILANCE
Comme je vous ‘lai annoncé, le sujet de la femme, est mon sujet de prédilection.
Ici, il s’agit d’une femme chat. C’est une femme au profil animal. Elle EST celle qui EST : Une Entité.
Cette femme symbolise une présence consciente. Elle est entre l’animal et l’humain, par une capacité instinctive du féminin, à être dans un état de vigilance permanent face à un danger possible pour elle ou les siens. Mémoire séculaire s’il en est : Instinct de vie et sagesse animale.
Vigilance, 1976.Acrylique sur toile, 160 x 130 cm. Collection Ville d’Istres, France. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
Comme vous tous, j’ai regardé en boucle les informations télévisées sur La guerre du Kossovo.
Et j’ai vue, cette femme qui se dirigeait vers la Croix-Rouge Française, les pieds nus dans la boue, enceinte, un balluchon dans la main gauche que recouvrait un vêtement travaillé dans le biais. Pour moi le summum de l’élégance. J’ai également travaillé dans la haute couture, autre lieu de l’art.
Des commentaires accompagnaient cette image : « Son mari et leurs deux enfants en bas âges avaient été tués.»
Dans l’atelier, à tâtons, je recherche cette émotion afin de lui redonner vie ! Je l’ai appelé : ‘’L’enfant de la démocratie’’
LE MONUMENT DES DROITS DE L'HOMME.
Elle s’engageait vers le monument des droits de l’homme
Cette sculpture se trouve à la Mairie de Roanne. Elle a été choisie pour ce lieu par Mr Jean Auroux ancien ministre du Travail et Maire HONNORAIRE de LA VILLE DE ROANNE
LA VAGUE
1977.Acrylique sur toile, 97 x 162 cm. Collection Ville d’Istres, France. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
Je peins pour exprimer des idées. Une œuvre véhicule une mémoire ! Elle Enferme l’essence même de l’existence de l’artiste. C’est le cas de ce tableau la vague. Cette vague c’est la Méditerranée. Cette vague s’écrase en ayant broyée la brutalité et l’horreur du monde , en ne restituant que la paix et la pureté.
Elle lave tout. Elle a cette puissance.
TEMPS DE CONSCIENCE
Etat de conscience, eau primordial.
Un regard au milieu de l’eau.
Entre l’alchimie et les éléments, dans les ateliers les œuvres naissent d’elles-mêmes ancrages involontaires. Regard complice d’un temps vécu, d’un chemin déjà parcouru.
Temps de conscience, 1977. Acrylique sur toile, 162 x 96 cm. Collection Ville d’Istres, France. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
LE POULPE
Le poulpe, 1991. Acrylique sur toile, 115 x 89 cm.
Collection Ville d’Istres, France. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
J’exerce ma volonté autour du geste.
Dans le poulpe, les éléments sont, presque en réaction, présences involontaires, autoritaire. Voire violent.
Je vous présente le poulpe qui sorti de son milieu et amputé se débats sur ce ponton de bateau. Il est évident qu’il se libérera et il survivra.
L’Art est phénomène de miroir, d’images renvoyées, d’analyse. On ne projette que ce que l’on est et le regardant ne voit que ce qu’il est. Les uns ne voient rien d’autres projettent leurs sciences leur culture, leur vie.
Grâce à eux l’œuvre se transforme s’enrichit et aide l’artiste à modifier « sa propre image ».
LE KANAK
"Cette sculpture en résine représente un Kanak appartenant aux clans-pêcheurs. Les pécheurs kanak ont une relation communautaire et magique avec la pratique de la pêche.
Ils sont dans une pratique des échanges différents de celle du monde occidental. Le don est la base de leurs échanges et c’est lui qui leur donne le statut le plus élevé dans leur société et non pas leur possession.
Ainsi, un ami revenant de Nouvelle Calédonie, m’explique l’échec des politiques de développement mises en places ces trente dernières années auprès des pêcheurs kanaks, les différentes tentatives de faire entrer les kanaks dans une politique de marché et ses effets économiques désastreux.
C’est ainsi que j’ai sculpté ce Pécheur en colère, qui n’a pas les moyens de s’équiper, qui est perdu dans les méandres des subventions, qui s’épuise à écouler sa marchandise et qui voit une partie de son chargement perdue faute d’acquéreur et aussi car sa philosophie ne le pousse pas à vendre son surplus mais à le donner ou à défaut le laisser perdre. C’est un peuple qui a un langage du cœur et du don et non pas du mercantilisme, même s’ils sont aussi capable de détenir des richesses matérielles. Ce n’est pas leur logique.
J’ai ancré ce kanak dans son origine la plus ancienne, pour tout vêtement il ne porte qu’une ceinture et un tour de cou qui étaient à la fois des protections et servaient aux outils. Le tour de cou est en chanvre. La ceinture est un vêtement qui préfigure le tablier."
( texte Brigitte Averseng )
Djaoua, pêcheur kanak, 1992. Plâtre patine médaille, 125 x 37 cm. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
LA FEMME KANAK
La femme Kanak, 1993. Huile sur toile, 100 x 100 cm. Collection privée, France. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
Sculpture du visage du défunt qu’elle met à la porte de sa maison.
Quand elle va sur sa tombe, elle part avec le masque. Le rituel d’aller / Retour.
J’ai également peint une femme kanak. Ce tableau n’a pas rejoint Istres, mais je vais quand même aborder son histoire.
La femme kanak est étudiée dans ce même esprit. Elle honore un engagement social, tribal. Elle élargit sa conscience et accompagne le défunt dans son voyage. Elle confie, elle lie, son corps aux racines qui traversent la grotte.
Squelette et racines, associent dans l’élévation ultime, se dressant ensemble fortes et majestueuses dans la flamboyante lumière. Le masque sculpté par l’épouse fera régulièrement avec elle, le voyage de la grotte à la demeure où il sera à son tour le gardien du seuil jusqu’à sa détérioration. Cette féminine australopithèque avec son petit restreint son identité dans un esprit de survit, son corps demeure calme et son instinct l’emporte vers nous.
LA MANGROVE
Je me sens artiste parce que je suis dans une nécessité. La nécessité est inventive et spontanée. Ce « je veux » rentre totalement dans la volonté de vouloir de Jankélévitch. Je veux pouvoir, pour pouvoir vous répondre.
Accepter et savoir que si les mots nous rassurent il faut reconnaitre que les silences s’expriment ! Nous taire et accepter de n’être qu’un vecteur ! Chaque fois que j’y suis parvenue, le résultat en est le témoin.
L’Artiste a besoin du public. Quand il a l’air de s’en éloigner c’est parce qu’il se rapproche involontairement de l’Etre. Cette essence identique à tous qui pourrait nous réunir. Chercher ce centre plutôt que de chercher à nous reconnaître par nos différences.
Chaque progrès laisse son empreinte, sa trace.
Je ne cherchais aucune influence. Et pourtant !
La mangrove, 2013. Acrylique sur toile, 200 x 200 cm. Collection Ville d’Istres, France. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
L’homme des sables, 1999.
Plâtre, patine or, 265 x 57 cm. Collection Ville d’Istres, France. Photographie Jérôme Aubanel, Roanne.
La porte de Marrakech
LA GARDIENNE
La gardienne, 1992. Polystyrène et plâtre, patine bronze, 207 x 120 cm. Collection Ville d’Istres.
Il devrait y avoir un enfant debout en face d’elle. Ils auraient les yeux dans les yeux.
Femmes à la hauteur de leurs enfants.Gardienne des valeurs filiales.
Voilà quelques explications sur certaines œuvres. Mais ne vous y trompez pas. Une œuvre d’art de même qu’un artiste ne s’analysent pas. Il doit y avoir une rencontre charnelle avec les œuvres. Il n’y a rien à comprendre, simplement ressentir une émotion ou non. Rien de plus, rien de moins.
Fin de la présentation
Je terminerai en remerciant, tout particulièrement Florence Reuter qui m’a poussé si fort à prendre le chemin de votre ville.
Je souhaite également remercier,
mes maitres Jean Terles et Olivier Pages qui m’ont permis de partager tant d’années de formation, d’observation de recherche.
Je n’oublie pas mon mari, Jean Hartmann, décédé, qui m’a donné l’amour, la résistance et l’encouragement.
Mes enfants pour la compréhension dont ils ont toujours fait preuve et
mon petit-fils Adrien pour son dévouement.
Et tous ceux dont vous faites partie qui m’ont accompagné sur ce long chemin d’incertitude.
Vous n’avez jamais cessé de me témoigner votre intérêt. Ce jour à Istres, restera pour moi plus important que les autres, par ce livre accueil de la donation, qui me permet de conclure en toute sérénité et avec gratitude ce chemin d’art que j’ai poursuivi tout au long de ma vie. Votre ville positionnée à l’autre bord de la méditerranée sera ainsi mon berceau de fin de vie.
Je vous remercie à nouveau, vous TOUS, d’être venus.
Je clôturerai par cette phrase de Saint EXUPERY :
« On ne voit bien qu’avec son cœur, l’essentiel est invisible. »